PHILOVINO










































































 


 Pourquoi déguster? 

-ou-

 
Le Tao de la dégustation

 

En guise d’entrée en matière, trois citations :

 
“…Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté »

ext. de L’invitation au voyage,  poème de Charles Baudelaire

 
« Nul pouvoir,

un peu de savoir,

un peu de sagesse,

et toute la saveur possible ».

Roland Barthes

 
« La gastronomie c’est quand les choses ont le goût de ce qu’elles sont ».

Curnonsky

 

Dans quel sens pouvons nous penser à synthétiser ces trois citations parlant de saveur, de goût et de volupté?

 

La sensualité (certains penseront ici à l’érotisme) est  une disponibilité pour le jeu, la rencontre.

 

La sensualité est voluptueuse quand on prend son temps,

Prendre son temps est un luxe. Prendre son temps calmement est un luxe absolu.

Prendre son temps calmement pour savourer avec délectation le goût authentique des choses vraies est proche de la pensée humaniste taoiste.

Voilà la leçon que Baudelaire, Barthes, Curnonsky, un poëte, un philosophe et un gastronome nous proposent.

Apprendre à déguster c’est apprendre à partager par les mots, les connaissances, les sensations.

Déguster c’est être avec, c’est connecter avec ses amis, avec un produit (le vin par exemple) qui raconte la nature, le climat, la mémoire et le savoir faire des hommes et d’une civilisation.

Déguster est une expérience humaine qui nous augmente comme homme.

On naît un homme, on devient humain écrit-on.

"Qui sait déguster ne boit plus jamais de vin mais goûte des secrets".  Salvador Dali

L’expérience plaisante d’apprendre à déguster dans la vie nous enrichit et nous aide à comprendre, littéralement à faire du sens, à clarifier, à nous clarifier et à se réaliser.

De récentes découvertes archéologiques nous apprennent que le vin existait en Chine il y a plus de 10,000 ans... (repoussant de deux mille ans l'idée courante que le vin était né il y a quelques 8,000 ans en Mésopotamie).

Levons donc nos verres à la mémoire d'un sage taoiste* qui écrivait:

 
« Seul l’être réalisé sait que la compréhension mène à l’unité.

Aussi rejette-t-il ses préjugés pour s’attacher à la juste mesure.

La juste mesure permet la pratique, la pratique amène un résultat.

Le résultat représente le succès.

Parvenir au succès est proche du Tao.

Il faut affirmer les faits ».

Zhuangzi (Tchouang Tseu, 4e siècle avant J.C.)

La réduction ontologique.

 

Voila le tao de la dégusation!

Richard Sagala 

Février 2008

*Dans la Chine ancienne, les sages taoistes, les sept "Sages du bosquet de bambous"  étaient réputés pour méditer, travailler le souffle, suivre les préceptes de Laozi et boire du vin…


  
rsv
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